Un PC familial, c’est dix ans de photos, les devoirs des enfants, les paperasses administratives et une arborescence qui grossit sans que personne ne la surveille. Quand vient le moment de choisir un disque de sauvegarde, la question du volume arrive vite, et la réponse toute faite tourne souvent autour de 100 Go. Sauf que ce chiffre ne veut rien dire tant qu’on ignore ce qu’on protège et en combien de temps on veut récupérer le tout. On va poser le calcul à plat, avec les vraies contraintes.
Un chiffre de capacité ne se choisit pas avant de connaître ses objectifs
Avant de regarder les disques en promotion, il faut définir deux choses que personne ne prend le temps de poser : le RPO et le RTO. Le RPO, ou Recovery Point Objective, correspond à la perte de données maximale qu’on accepte en cas de panne. Un RPO de 24 heures signifie qu’on tolère de perdre jusqu’à une journée de travail entre la dernière sauvegarde et l’incident, ce qui reste le standard pour un poste bureautique.
Le RTO, lui, fixe le temps maximum de restauration : si vous visez 4 heures, il faut pouvoir tout remettre en route dans ce délai, pas trois jours plus tard. Ces deux paramètres changent radicalement le choix du support et du logiciel, comme le rappelle hebergement-nolimit.fr dans ses dossiers sur la sauvegarde.
Une famille qui sauvegarde une fois par semaine accepte de perdre six jours de photos de vacances. Une autre qui synchronise chaque soir ne perd qu’une journée. Le volume nécessaire n’est pas le même, parce que le nombre de versions conservées entre dans le calcul. C’est là que la rétention entre en jeu : garder trente jours d’historique sur des fichiers qui bougent demande bien plus de place que garder la dernière copie d’un dossier figé.
100 Go, 128 Go, 256 Go : ce que ces paliers racontent vraiment
Est-ce que 100 Go, c’est beaucoup ? Sur un PC familial qui ne contient que des documents texte et quelques PDF, oui, on tient largement. Le problème, c’est que ce profil de machine n’existe presque plus. Les photos prises au téléphone pèsent plusieurs mégaoctets chacune, les vidéos de famille grimpent à plusieurs gigaoctets, et les jeux installés sur le PC des enfants occupent à eux seuls une part énorme du disque. Une sauvegarde qui ne couvre pas ces dossiers n’est pas une sauvegarde, c’est une illusion de sécurité.
Pour situer les ordres de grandeur, Coolblue donne des repères utiles : 1 To permet de stocker 100 films FHD, 20 400 photos haute résolution ou 17 000 heures de musique, et 4 To multiplient ces chiffres par quatre. Autrement dit, une famille qui photographie régulièrement et garde quelques films numérisés voit vite son besoin dépasser le téraoctet. Le même site conseille de viser jusqu’à 2 To si l’on stocke beaucoup de films et de fichiers volumineux, et considère qu’1 To suffit pour du texte et parfois des images.
Les questions à se poser avant de valider un disque
Le piège classique, c’est de raisonner sur la taille du disque système au lieu du volume réel des données à protéger. Un PC avec un SSD de 512 Go peut très bien n’avoir que 300 Go de fichiers utiles, et l’inverse est vrai aussi. Faites le tour des dossiers, regardez ce qui pèse, et comparez avec les paliers du marché.
- Est-ce que 128 Go suffisent pour un ordinateur familial qui stocke des photos de téléphone depuis des années ?
- Une capacité de 256 Go tient la route si l’on garde trente jours d’historique sur des fichiers modifiés chaque semaine.
- Les dossiers enfants, souvent oubliés, avec captures d’écran et vidéos de jeux.
- Que se passe-t-il le jour où le disque est plein et que la sauvegarde s’arrête sans prévenir ?
La dernière question est la plus importante, et c’est rarement celle qu’on se pose en magasin. Une sauvegarde qui s’interrompt faute de place ne prévient personne, et on découvre le problème le jour où on a besoin de restaurer. Prévoir une marge de sécurité de quelques dizaines de pour cent coûte moins cher qu’un disque de capacité juste. Sur ce point, voir aussi notre article sur la technologie faconne notre avenir.
La sauvegarde incrémentielle change complètement le calcul du volume
Voilà le point que la plupart des comparatifs passent sous silence. Il existe trois types de sauvegarde : complète, incrémentielle et différentielle, avec des compromis différents entre volume occupé et vitesse de restauration. Une sauvegarde complète recopie tout à chaque fois, ce qui double vite l’espace nécessaire si l’on garde plusieurs versions. Une incrémentielle ne stocke que ce qui a changé depuis la dernière fois, et c’est ce que recommandent les bonnes pratiques pour un poste bureautique : sauvegarde toujours incrémentielle, rétention de trente jours, RPO de 24 heures, RTO de 4 à 24 heures.
Concrètement, une famille qui produit 5 Go de nouvelles photos par mois n’a pas besoin de prévoir 60 Go par an en mode complet, mais bien moins en incrémentiel, puisque les fichiers déjà sauvegardés ne sont pas recopiés. En revanche, la restauration devient plus longue : il faut remonter la chaîne des incréments pour reconstituer l’état final. Le compromis se joue là, entre la place économisée et le temps de remise en route.

Sauvegarder l’intégralité de son ordinateur, mode d’emploi réaliste
La question revient souvent : comment sauvegarder tout son PC, pas juste les documents ? La réponse tient en deux couches. D’abord une image système, qui capture le disque entier avec le système d’exploitation et les logiciels, pour redémarrer à l’identique en cas de panne matérielle. Ensuite une sauvegarde de fichiers, plus légère et plus fréquente, qui protège les données proprement dites. L’image système est volumineuse mais change peu, la sauvegarde de fichiers est petite mais doit tourner souvent.
Une image système d’un PC familial pèse facilement l’équivalent de l’espace occupé sur le disque, parfois moins si la compression fait son travail. Si vous gardez deux ou trois images de référence au fil des mises à jour majeures, le volume grimpe vite. C’est précisément ce qui rend le chiffre de 100 Go insuffisant pour un usage familial courant : entre les photos, les vidéos, les images système et l’historique de rétention, on dépasse ce palier sans forcer.
Reste la question du support. Un disque externe branché en permanence sur le PC ne protège pas d’un vol ou d’un incendie, et une sauvegarde dans le même logement ne vaut pas mieux. L’idéal reste une copie locale rapide pour les restaurations fréquentes, plus une copie ailleurs pour les gros incidents. Le calcul de capacité doit alors se faire sur les deux emplacements, avec des rétentions parfois différentes.

Ce qu’il faut retenir avant d’acheter
Partir du volume réel de données, ajouter la marge liée à la rétention de trente jours, puis vérifier que la restauration tient dans le RTO visé : voilà l’ordre des opérations. Pour un PC familial qui stocke des photos, quelques vidéos et les documents administratifs, viser 1 à 2 To de capacité utile est plus raisonnable que de parier sur 100 ou 256 Go, surtout si l’on garde un historique. Le chiffre magique n’existe pas, il se calcule. Combien de jours de travail accepteriez-vous de perdre si le disque rendait l’âme demain matin ?